Centre de Développement Psychocorporel

cdpsy

Les groupes de parole

Rencontre avec Florence

Je pratique depuis plusieurs années la facilitation de groupes de parole d'adultes.
Jusqu'alors j'ai toujours laissé la priorité à la diversité des problématiques.
Crise existentielle, deuil, trouble du comportement, inceste, violence, angoisses, les personnes partagent leur histoire singulière. Cette diversité laisse apparaître une richesse d'échanges importante.

Dans le cadre de l'élaboration de mon premier mémoire, en 2002, et sous contrôle de mes pairs, j'ai accueilli une jeune femme de 31 ans. Elle souffre d'anorexie. Elle ne pèse plus que 31 kilos pour 48 de son poids initial. Elle est aménorrhée. Elle accepte de débuter une psychothérapie et s'engage à venir régulièrement à ses séances. Ma pratique de l'ACP laisse vite l'espace nécessaire afin qu'elle se sente en confiance, respectée, non jugée. Elle m'explique par ailleurs comment suite à une séance avec une psychiatre, elle a désespérément déambulé tout le long du pont St Jacques à Clermont. Pont, placé sous le sceau de la mort, puisque de nombreuses personnes s'y sont suicidées. Alors que le spécialiste lui prescrivait des antidépresseurs, Florence s'est entendu dire : « ce n'est pas un comprimé qui va vous faire grossir ». Elle s'est sentie jugée, agressée me dit-elle. Elle était tellement en souffrance que ces mots là ont bien failli lui être fatals. La confrontation thérapeutique mérite d'être évaluée en fonction du stade d'évolution dans le processus du développement de la personne.

Dans mon approche j'accorde une large place à la qualité de la relation thérapeute/client. Nous nommons la personne "client" et non "patient" car nous considérons que nous n'accueillons pas une pathologie mais un individu qui plus est, en charge du coût des séances non conventionnées.

C'est grâce à l'écoute empathique, la congruence du thérapeute en terme d'implication, le respect, le non jugement, que Florence a parcouru tous les méandres et tourmentes de son histoire. Elle prendra conscience, plus tard, de l'organisation de son système familial au sein duquel elle joue pleinement son rôle. Elle exprime, par sa maladie, un dysfonctionnement, un trouble pathogène d'organisation systémique intrafamiliale.

Emergence et objectifs du groupe de parole

Florence est maintenant tirée d'affaire. Elle a pu non seulement en guérir mais accepter pleinement son expérience. Le mot « guérir » est choisi volontairement car il s'agit bien là d'une guérison et non d'une étape évolutive dans le processus thérapeutique. Florence continue sa thérapie dans le cadre du développement personnel, comme peuvent le faire les nombreux  bons névrosés que nous sommes. Elle m'a fait part un jour de son désir de pouvoir témoigner, partager, exprimer ce que la thérapie lui avait apporté, elle évoqua l'écriture. Je lui ai proposé que nous puissions travailler là-dessus ensemble. Voilà comment naquit l'envie de collaborer… Il m'est venu l'idée de pouvoir mettre en place, de façon certes peu commune, un groupe de parole, avec la présence de Florence. Elle accepta d'emblée.

J'ai fait le choix d'un groupe ciblé anorexie parce que mon expérience m'a montré combien l'immersion dans un groupe « poly-pathologie » pouvait être angoissante. Il est plus sécurisant pour ce public là de se retrouver auprès d'autres personnes souffrant du même trouble. La présence de Florence me paraît être déterminante en ce sens qu'elle sera le miroir du possible, le reflet de l'espoir pour ces personnes qui veulent tellement s'en sortir.

Son témoignage sera le fruit d'une longue traversée de souffrance cependant porteuse d'une potentialité de ressources à ne pas négliger.
Ces personnes sont déterminées, volontaires, qualités qu'elles seront amenées à utiliser et à faire siennes au service de leur mieux être.
Les échanges permettent à chacune chacun de sortir de leur isolement, de renouer, retisser des liens sociaux. Ils favorisent la confiance en soi, la revalorisation. Voici par exemple, ce que pourraient se dire les personnes engagées dans un tel processus thérapeutique :
"Ce que je dis peut être entendu, compris. Je constate à travers les similitudes des autres histoires que je peux oser en parler à mon tour, dans un cadre de confidentialité, de sécurité. Je peux aller explorer mon vécu, étayé par les témoignages d'autrui, sans avoir peur d'être jugé. J'apprends à ne pas juger ou condamner les différences des autres, ceux de mon entourage ou de ma famille. J'apprends à ne plus être envahi et soumis par ma propre rigueur intérieure. Je reprends le gouvernail de ma vie à des fins de plaisir et non d'angoisse, de punition et de destruction."

Contenu, déroulement et tarif des séances

Ce travail demande une réelle implication dans le temps c'est pourquoi il s'échelonne sur toute une saison thérapeutique d'octobre à juin. Toute personne désirant participer s'engage par un contrat écrit à assister à toutes les séances sauf cas de force majeure et règle par avance ses séances. Le coût total est échelonné afin de faciliter et de rendre plus souple la prise en charge financière de la saison. Ainsi, après chaque séance et chaque mois, un chèque est retiré.

Ce travail peut parfois être confrontant et il est nécessaire pour chaque personne d'être encadrée du début à la fin. Florence en témoigne ce sont justement ses souffrances qui lui faisaient peur et pourtant il lui a été nécessaire de les traverser pour se sortir de ce machiavélique fonctionnement, de cet emprisonnement mental. Très souvent elle venait à reculons et pourtant ses qualités, rigueur, volonté, lui ont servi à avoir le courage de continuer.

Les rencontres ont lieu une fois par mois, les samedis après midi de 14 à 18 heures au Centre CDPsy à Charbonnier les Mines

CDPSY - Danse thérapie, soins energetiques, psychothérapie ACP
17 avenue Jean Jaures - 63340 Charbonnier les Mines - 04 73 54 23 73